2017 Enseignement de la sécurité des soins en 2017

Comment est enseignée la sécurité des soins dans les formations initiales en santé ? Bilan de l’existant en 2017

Marc Chaneliere, Patrice Francois, Virginie Gardette

La place accordée à la sécurité des soins en formation initiale a été analysée dans les référentiels de formation des études médicales (1er et 2eme cycle), et paramédicales ayant fait l’objet d’une réingénierie (étudiants en soins infirmiers, manipulateurs électroradiographie médicale, pédicurie podologie, orthoptie, orthophonie, masso kinésithérapie, ergothérapie et infirmier anesthésiste).

En médecine, si la sécurité des soins et la notion d’erreur figurent explicitement dans le référentiel, l’enseignement ne représente aucune Unité d’Enseignement (UE) dédiée. Au total, 12 items sont identifiés, morcelés sur 3 années (PACES, DFGSM2, DFASM1) et 6 UE, soit un volume horaire difficile à quantifier, et restreint. Les comportements sûrs et compétences non techniques ne figurent pas parmi les objectifs pédagogiques. On constate des obstacles à la perception d’un message fort autour de la sécurité des soins comme un élément fondamental de la pratique quotidienne : l’enseignement est abordé durant des UE non cliniques (étayant l’hypothèse que « la sécurité est une affaire d’experts »), et n’est pas actuellement pas évalué dans le cadre des Examens Classant Nationaux. Par ailleurs, il existe une forte variabilité inter UFR dans les volumes horaires et méthodes pédagogiques. Enfin, on peut questionner la convergence des messages délivrés entre enseignement théorique et réalité de terrain (stages).

Dans les études paramédicales, si l’on constate moins explicitement l’inscription de la sécurité dans les compétences à acquérir, elle apparait cependant autour de la notion d’analyse des pratiques, et les volumes horaires consacrés affichés sont parfois conséquents. Les volumes et contenus sont cependant très hétérogènes. Le référentiel prévoit le plus souvent au moins 1 UE partiellement dédiée à la gestion des risques, le nombre d’UE variant de 1 à 4, avec des volumes variables (de 15h en orthoptie à plus de 130h dans les IFSI et IFMEM). Certaines formations n’envisagent cependant la gestion du risque que sous le seul angle infectieux, avec une place importante consacrée aux démarches normatives (tracabilité) plus qu’aux facteurs humains. Enfin, la sémantique est fluctuante (incident critique, non-conformité…).

En conclusion, il semble urgent de diffuser un socle commun de messages convergents en matière de sécurité des soins aux étudiants, quelle que soit leur filiere, et de travailler l’interprofessionnalité au plus tôt dans le cursus. Pour cela, la formation des encadrants et des formateurs est une necessité.